Notion de compartiment, gradient et période
La dissolution et le comportement des différents
tissus
Le corps humain, bien que contenant plus de 70% d'eau, ne se comporte
pas comme comme un liquide homogène, l'azote a plus de difficulté à
saturer certains organes que d'autres. On parle de compartiment.
Pour caractériser un compartiment on parle de sa période:
- La période , c'est le temps nécessaire à un compartiment (une
partie du corps) pour absorber la moitié du gradient de pression
partielle.
- La période , c'est aussi le temps nécessaire à ce
compartiment pour restituer la moitié du gradient de pression
partielle, cela fonctionne donc dans les deux sens.

Les tables MN90 actuelles ont pris en compte lors de leur
calcul 12 compartiments différents:
Le tableau ci-dessous exprime leurs périodes respectives:
5
|
7
|
10
|
15
|
20
|
30
|
40
|
50
|
60
|
80
|
100
|
120
|
Exemple: pour la plongée carrée ci-dessous: 
Le
graphique ci-dessous illustre la logique de saturation des 7 compartiments
les plus rapides au cours de cette plongée

Voici
le tableau des tensions respectives dans ces 7 compartiments suite à
cette plongée carrée à 40m, la durée de la simulation ci-dessus a
été surlignée:

Les
sept compartiments pris en exemple se sont saturés différemment en % du
maximum à la profondeur max de la plongée (tableau ci-dessous)

Les
compartiments ayant une période courte, qui saturent vite déclenchent en
général la nécessité de faire un palier,. On parle de compartiment
directeur. Le tableau ci-dessous résume les Pp N2 (valeurs
en Bars) d'azote résiduel suite à une première plongée et la lettre
codée qui qualifie le GPS et permet la lecture dans les Tableaux I et II 
Nous
pouvons remarquer qu'il est possible de sortir d'une plongée très
"dure" avec une tension d'azote résiduelle qui correspond
presque au double de la valeur normale. (1.51 Bars pour 0.79 Bars au
niveau de la mer). Le tableau I
(extrait) qui indique l'azote résiduel en fonction du temps et de la
dureté de la plongée précédente (exemple surligné groupe C ou GPS C):
Le tableau II qui permet de définir une majoration
fictive de la durée de plongée suivante (en vue de "durcir "
l'entrée dans la table):
La notion de sursaturation:
Si la tension dans le compartiment dépasse de beaucoup la
pression partielle, des bulles risquent de se former, cela peut donner
lieu à un accident de décompression. Il fallait définir une limite,
c'est le rôle du coefficient de sursaturation. 
Le tableau ci-dessous exprime
le coefficient de sursaturation critique (palier nécessaire) de chaque
compartiment. Ces valeurs ont étés utilisées pour calculer et établir
les tables MN90 actuellement utilisées par la FFESSM

Ces
coefficients sont des valeurs mathématiques abstraites. Prenons
un exemple concret et revenons à notre plongeur qui
se trouve à 40m depuis 15 min Si il remonte en catastrophe
suite à ces 15 min stabilisées à 40m, on s'aperçoit qu'à la
profondeur de 6m deux compartiments dépassent le coefficient de
sursaturation maximum recommandé: rappelons les
paramètres: 
Les
premiers compartiments déclenchent le palier, encore faut-il que notre
plongeur s'arrête avant la surface... un Cs de 2.813 est
supérieur au Cs maxi 2.72 pour le compartiment de période 5 min un
Cs de 2.54 est égal au Cs maxi 2.54 pour le compartiment de période 7
min 
Un
palier est donc nécessaire, ce que confirme la table: 
Remarquons
toutefois que, suite à une plongée longue, suivie d'une remontée très
lente, certains compartiments à période longue peuvent prendre du retard
sur la désaturation par rapport aux compartiments courts qui désaturent très
vite. Le compartiment directeur n'est dons pas toujours le plus rapide. Vous
pouvez ouvrir ou télécharger un fichier excel qui simule simplement la
logique de la saturation (65ko) en cliquant ICI
|